Les conséquences du changement climatique sont visibles : montée des eaux, écart de température avec canicules à répétition, intensité des précipitations, sévérité des sécheresses, …
Ces impacts entrainent des effets physiques et visibles :
- Augmentation des inondations et des maladies
- Difficulté à se chauffer
- Réduction voire incapacité à maintenir des conditions de travail appropriées
- Baisse des rendements des cultures
- Disponibilité et accès à l’eau…
Cela nécessite une adaptation de nos pratiques, de nos organisations, de nos infrastructures et de nos territoires. Des solutions existent, se développent et se mettent en place.
A travers l’élaboration du troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3), la France souhaite préparer les acteurs (collectivités, entreprises, … sur le territoire français) à prendre en compte les impacts du changement climatique à travers 52 mesures et 200 actions concrètes.
Les solutions mises en place pour l’adaptation sont des solutions pour durer dans le temps Cependant ces solutions ne sont pas forcément celles limitant les impacts environnementaux.
N’est-ce pas paradoxal de développer des solutions pour s’adapter au changement climatique sans en évaluer leur impact sur le changement climatique ?
« atténuation » et « adaptation » : Quelles différences ?
Pour répondre aux risques physiques accrus par le changement climatique il existe deux stratégies complémentaires : atténuation et adaptation.
« L’adaptation est définie par le GIEC comme « une démarche d’ajustement au climat actuel ou attendu, ainsi qu’à ses conséquences ». »
L’objectif de cette démarche est d’assurer la résilience des organisations face aux impacts du changement climatique. Cette démarche est transversale sur l’ensemble des activités de l’entreprise.
La démarche d’adaptation est à mettre en lien avec des scénarios de prévision du climat. Par exemple, ceux du GIEC ou de la TRACC (Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique).
Elle vise donc à gérer les effets du changement climatique et ses conséquences. Souvent dans les entreprises, la limite est floue entre démarche d’adaptation et gestion des risques.
« L’atténuation est définie par le GIEC comme « l’intervention humaine pour réduire les sources ou augmenter les puits (le stockage) de gaz à effet de serre ». »
L’atténuation passe par une quantification des impacts de l’entreprise, puis d’une stratégie pour diminuer ses impacts. Elle correspond donc aux actions sur les causes du changement climatique.
Souvent ces deux démarches ne sont pas mises en liens car les acteurs concernés ne sont pas les mêmes.
L’Analyse du Cycle de Vie (ACV) permet de quantifier des impacts environnementaux des produits et services afin de permettre la prise de décision multicritères. L’ACV permet d’identifier les contributeurs majeurs aux impacts environnementaux. L’ACV est donc un outil pertinent pour orienter les actions d’atténuation, tout en permettant d’évaluer, de manière indirecte, l’impact environnemental de différentes solutions d’adaptation répondant à un même service rendu.
Par ailleurs, l’approche cycle de vie offre une vision exhaustive des risques tout au long de la chaîne de valeur : de l’approvisionnement à la fabrication, en passant par l’usage et la fin de vie. L’écoconception permet donc d’intégrer la pensée cycle de vie dans les développements de nouvelles solutions et d’optimiser les actions d’atténuation prévues ou déjà engagées.
Conclusion
Le sujet d’adaptation demande non seulement de réfléchir sur les risques physiques des sites de l’entreprise mais également sur ceux des chaines d’approvisionnement et la pensée cycle de vie.
Au-delà de la suggestion de solutions d’atténuation (projets d’écoconception), l’adaptation est une thématique à développer pour préparer les entreprises à se réinventer dans le monde de demain de façon éclairée, c.-à-d. avec les plus faibles impacts possibles.
Ce sujet est un sujet qui concerne les acteurs de tous les secteurs : bâtiment, agriculture, transport, enseignement, énergie…
Ce sujet a de multiples développements possibles, que ce soit l’adaptation de l’Homme dans son environnement, mais aussi l’adaptation de l’environnement lié à l’impact de l’Homme (air, mer, terre).
Pour aller plus loin
- European Environment Agency (EEA) (2017) Climate change, impacts and vulnerability in Europe 2016 ISBN: 978-92-9213-835-6
- European Environment Agency (EEA) (2023) Les impacts du changement climatique en Europe (infographie)
- Haut Conseil pour le climat (oct. 2025) Relancer l’action climatique face à l’aggravation des impacts et à l’affaiblissement du pilotage
- Ministères Aménagement du Territoire Transition Ecologique (2025). PNACC 3
- Commissariat Général au Développement Durable (2025). S’adapter au changement climatique
- Service des données et études statistiques (2025) Scénarios et projections climatiques
- Solinnen. Qu’est-ce qu’une ACV ? définition et principes
- Solinnen. Quels indicateurs environnementaux sont évalués en ACV
- Solinnen. Ecoconception
Sources
European Environment Agency (EEA) (2017) Climate change, impacts and vulnerability in Europe 2016
European Environment Agency (EEA (2023) Les impacts du changement climatique en Europe (infographie)
Haut Conseil pour le climat (2025) Relancer l’action climatique face à l’aggravation des impacts et à l’affaiblissement du pilotage
Ministères Aménagement du Territoire Transition Ecologique (2025). PNACC 3
Commissariat Général au Développement Durable (2025). S’adapter au changement climatique
Service des données et études statistiques (2025) Scénarios et projections climatiques
